§ Le jugement. Le comte de Monte-Cristo

« — Monsieur, répondit Haydée, cette démarche m'a été conseillée par mon respect et par ma douleur. Quoique chrétienne, Dieu me pardonne! j'ai toujours songé à venger mon illustre père. Or, quand j'ai mis le pied en France, quand j'ai su que le traître habitait Paris, mes yeux et mes oreilles sont restés constamment ouverts. Je vis retirée dans la maison de mon noble protecteur, mais je vis ainsi parce que j'aime l'ombre et le silence qui me permettent de vivre dans ma pensée et dans mon recueillement. Mais M. le comte de Monte-Cristo m'entoure de soins paternels, et rien de ce qui constitue la vie du monde ne m'est étranger; seulement je n'en accepte que le bruit lointain. Ainsi je lis tous les journaux, comme on m'envoie tous les albums, comme je reçois toutes les mélodies et c'est en suivant, sans m'y prêter, la vie des autres, que j'ai su ce qui s'était passé ce matin à la Chambre des pairs et ce qui devait s'y passer ce soir... Alors, j'ai écrit.

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