§ Le juge. Le comte de Monte-Cristo

« Et vous ne pourriez nier, ajouta Villefort, en étendant la main vers elle comme pour la saisir au nom de la justice; vous avez accompli ces différents crimes avec une impudente adresse, mais qui cependant ne pouvait tromper que les gens disposés par leur affection à s'aveugler sur votre compte. Dès la mort de Mme de Saint-Méran, j'ai su qu'il existait un empoisonneur dans ma maison: M. d'Avrigny m'en avait prévenu; après la mort de Barrois, Dieu me pardonne! mes soupçons se sont portés sur quelqu'un, sur un ange! mes soupçons qui, même là où il n'y a pas de crime, veillent sans cesse allumés au fond de mon coeur; mais après la mort de Valentine il n'y a plus eu de doute pour moi, madame, et non seulement pour moi, mais encore pour d'autres; ainsi votre crime, connu de deux personnes maintenant, soupçonné par plusieurs, va devenir public; et, comme je vous le disais tout à l'heure, madame, ce n'est plus un mari qui vous parle, c'est un juge! »

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