§ Text Cyrano de Bergerac

Eh bien, oui, c'est mon vice. Déplaire est mon plaisir. J'aime qu'on me haïsse. Mon cher, si tu savais comme l'on marche mieux Sous la pistolétade excitante des yeux ! Comme, sur les pourpoints, font d'amusantes taches Le fiel des envieux et la bave des lâches ! --Vous, la molle amitié dont vous vous entourez, Ressemble à ces grands cols d'Italie, ajourés Et flottants, dans lesquels votre cou s'effémine: On y est plus à l'aise. . .et de moins haute mine, Car le front n'ayant pas de maintien ni de loi, S'abandonne à pencher dans tous les sens. Mais moi, La Haine, chaque jour, me tuyaute et m'apprête La fraise dont l'empois force à lever la tête; Chaque ennemi de plus est un nouveau godron Qui m'ajoute une gêne, et m'ajoute un rayon: Car, pareille en tous points à la fraise espagnole, La Haine est un carcan, mais c'est une auréole !

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